Gérer ses émotions – part 1

Ah ! En voilà un thème on ne peut plus commun, j’en ai bien conscience. Toutefois, ce n’est pas si évident que cela. Pourquoi ? Parce que bien souvent, il y a confusion des genres entre gérer et contrôler.

Mais avant toute chose et au-delà des principes biologiques qui nous régissent, une émotion qu’est-ce que c’est ?

Bien évidemment, vous trouverez toute une panoplie de définitions. Pour ma part et pour expliquer par la suite les méthodes que j’emploie et que j’apprends aux personnes que je reçois, j’utilise souvent la métaphore du barrage hydraulique pour expliquer ce qu’est et comment fonctionne une émotion.

Imaginez un ruisseau qui coule tranquillement, ce ruisseau c’est l’émotion. Imaginez maintenant que sur ce ruisseau vous construisiez un petit barrage, juste quelques pierres et des rondins de bois, rien de trop élaboré dans un premier temps. Que se passe-t-il ? L’eau va s’accumuler derrière ce petit barrage, on est d’accord et si vous ne faites rien le barrage sera submergé et tout sera inondé. Du coup pour éviter cette catastrophe vous consolidez le barrage avec des sacs de sables et vous le rehaussez. Que se passe-t-il alors, l’eau continue à s’accumuler et à faire pression sur votre barrage et menace toujours de le détruire. Naturellement, vous allez continuer à consolider le tout et vous allez ériger un vrai barrage en dur, avec béton et armatures métalliques. C’est bien, c’est joli, ça tient bien et plus rien ne filtre. Oui mais…parce qu’il y a toujours un mais, de l’autre côté du barrage c’est tout inondé, et ça continue de menacer de tout faire s’effondrer.

Prenez juste un temps pour mesurer les efforts et l’énergie qu’il vous a fallu et qu’il vous faut encore pour maintenir ce barrage en état ?

Ce fonctionnement est malheureusement naturel et très fréquent. Pourquoi ? Parce que socialement on ne nous a pas appris à exprimer correctement nos émotions.

Que dit-on aux enfants : « arrête de pleurer, les colères ce n’est pas bien, ne ris pas trop fort … »

Comment vous lez-vous qu’adulte nous soyons au clair avec elles ? D’autant plus qu’à l’âge adulte, nous confondons gestion des émotions et contrôle des émotions.

Gérer une émotion, ce n’est pas la contrôler, regardez ce que cela donne quand on est dans le contrôle, ça ne vous fatigue pas vous toute cette énergie dépensée à ne pas exprimer vos émotions, à lutter contre elles ?

N’y aurait-il pas un autre moyen pour éviter que le barrage craque et ne fasse trop de dégâts ?

Réfléchissez-y 2 minutes.

 

Allez, je vous aide un peu !

ACCEPTATION ! La première étape quand il s’agit de gérer ses émotions, c’est tout d’abord de les accepter, de les laisser être ce qu’elles sont et rien d’autre : juste des émotions.

J’en vois déjà qui doivent se dire : « ok, mais concrètement on fait comment ? »

Et bien en partant du principe qu’une émotion aussi violente et intense soit-elle n’est pas la réalité. Oh je vous rassure, elle est bien réelle, mais le monde ne se réduit pas à elle.

L’émotion est donc un filtre temporaire (et j’insiste sur le fait que cela ne dure pas) qui colore le monde et en change la perception que vous en avez. Le monde lui, ne change pas.

 

A suivre …

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Miroir … Miroir

Souvent j’ai été confrontée à cette fameuse question, que chaque psy a déjà dû entendre des centaines de fois, « qu’est-ce que vous pensez de moi ?».
C’est une récurrence très forte quand vous avez l’honnêteté de dire qui vous êtes professionnellement. Au mieux les gens attendent une consultation gratuite, au pire ils testent votre finesse de perception. Mais, que cela soit après 5 min de conversation informelle autour d’un mojito dans une soirée, ou après une heure lors d’une rencontre professionnelle, mon premier réflexe reste le même. Celui de dire « je ne pense rien de vous ».
Et en effet je ne pense rien, non pas que je sois vide d’esprit mais je m’interdis de plaquer une interprétation sur quelqu’un que je ne connais pas et que je ne connaîtrais sans doute jamais.
Pourquoi cela, me direz-vous ? Et bien parce que le principe fondateur de mon métier n’est pas d’interpréter les faits, gestes et dires des personnes que je reçois. Le principe fondateur est avant tout de ne pas juger et surtout de rester humble.
Dans mes vieux souvenirs de fac, on nous parlait de la distance professionnelle. La fameuse !! C’est limite si on ne vous disait pas que plus vous étiez couleur papier-peint, mieux ça serait. Avec le temps ce concept de distance professionnelle s’est transformé en Neutralité Bienveillante. La belle affaire que voilà ! Neutralité. Bienveillance. Humm, voui mais encore ? C’est comme la cuillère dans Matrix, la neutralité ça n’existe pas, tout du moins dans le rapport à l’autre.
Même votre silence est révélateur de quelque chose. Et puis la bienveillance, ça se voit, ça se sent, ce n’est pas neutre donc.

Personnellement, quand je me suis interrogée sur mon positionnement professionnel, j’ai choisi dans mes accompagnements d’être interactive. C’est-à-dire, ne pas simplement dire « hum, hum …hum,hum, ça fera 50 euros, on se revoit la semaine prochaine à la même heure. ». Être interactive dans mes accompagnements, c’est avant tout être présente à l’autre. Cela veut dire être là … constamment. Cela veut aussi dire remplacer la distance professionnelle par un autre concept que j’appellerais la distinction.

En effet, dans mon passé de formatrice en psychologie et sciences sociales, j’expliquais aux étudiants que je rencontrais comment se préserver face à des situations parfois complexes et pouvant faire écho à leur vécu. Ce qui peut aider, c’est faire la différence entre je suis « distant » de l’autre et je suis « distinct » de l’autre.
La distance professionnelle, vous avez beau la mettre et vous blinder, quand un évènement vécu par la personne que vous accompagnez viens vous toucher, vous avez beau lutter contre, mettre encore plus de distance, cela ne sert à rien. L’impact est présent et vous le renforcez en essayant de le nier. De ce fait, vous dépossédez l’autre de ce qui lui appartient, son vécu, ses émotions. Vous vous coupez de votre ressenti et de votre sensibilité pour lutter contre ce qui remonte et bien évidemment vous perdez en efficacité. Pire, vous pouvez vous mettre en danger et la personne que vous accompagnez avec !
Dans la distinction, le fonctionnement est différent, vous êtes en capacité d’identifier ce qui vous touche et fait écho, vous êtes capable de prendre conscience des conséquences que cela peut avoir et de les assumer, et par soucis d’authenticité, vous êtes capable de l’aborder avec la personne que vous accompagnez et de passer le relais à un autre professionnel si besoin.
L’interactivité, c’est aussi être force de proposition. Pour ma part, je propose des hypothèses, parfois clairement erronées pour faire avancer la personne dans sa réflexion. Je me transforme en miroir.
Et comme tout miroir, ce que je reflète peut parfois être désagréable. Mon rôle consiste donc non pas à vous dire ce que « je pense de vous », mais ce que je vois, entends, ressens et à confirmer avec vous si cela est juste ou pas, avant de mettre en place des stratégies conjointement définies pour faire en sorte qu’a un moment donné, vous vous connaissiez et valorisiez suffisamment pour pouvoir vous passer du miroir que je suis.

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